Ciment, granulats et béton prêt à l’emploi
Constats

Producteur de ciment, granulats et béton prêt à l’emploi · 1 cimenterie, 4 carrières, 6 centrales à béton · 310 salariésCe War Map montre comment nous passons de l’analyse des opérations à un plan de mise en œuvre. Les dates illustrent un déroulement possible ; le périmètre et le calendrier d’une mission réelle sont convenus avec vous.

Constats

La réalité de votre équipe opérationnelle. Pas une inefficacité vague. Des urgences précises que l’entreprise a fini par considérer comme normales, jusqu’à ce que la direction les prenne en charge elle-même.

Des camions arrêtés à la bascule

Environ 35 camions par jour attendent à une bascule pendant que l’opérateur appelle l’ADV ou le crédit client. Chaque attente dure 38 minutes en moyenne, et la file du matin à la cimenterie déborde sur la route départementale.

Des bons qui changent après le départ

Environ 12 bons par jour sont modifiés après le départ du camion : mauvais chantier, mauvais code produit, chargement réparti sur deux commandes. L’import nocturne les rejette et Sage X3 est corrigé à la main.

Le béton qui change le jour même

19 des 44 commandes de béton observées ont changé le jour du coulage. Le dispatcheur ressaisit chaque modification sur un PC de centrale et appelle les chauffeurs un par un.

Deux personnes tiennent le flux

Le chef de bascule sait quel transporteur charge pour quel client. Le planning béton tient dans le fichier Excel du dispatcheur. Quand l’un des deux est absent, la bascule et les centrales ralentissent.

Répartition illustrative du temps pour 11 personnes interrogées

Appels pour débloquer camions et commandes
27%
Ressaisies et corrections
22%
Planification et dispatch
19%
Clients, usine et amélioration
18%
Contrôles et signatures
14%

Ces proportions totalisent 100 %. Elles décrivent les catégories de tâches des 11 personnes interrogées, sans extrapolation aux 310 salariés.

49 % du temps observé part en appels et en ressaisies. La planification et le dispatch en prennent 19 %, les contrôles et signatures 14 %. Il reste 18 % pour les clients, la performance de l’usine et l’amélioration.

Constat clé : Certains appels relèvent d’un vrai jugement, comme une décision de crédit sur un gros client. La part récupérable, ce sont les appels qui n’existent que parce que la bascule ne voit ni la commande ni l’état de l’encours.

Procédure et réalité

De la bascule au bon de livraisonProcédure: 6 étapes → La réalité: 12 étapes, 3 transferts
La procédure
Arrivée du camion avec la référence de commande
Pesée à vide
Chargement
Pesée en charge
Impression du bon de livraison
Départ du camion
6 étapes, parcours linéaire
La réalité
12
Étapes
3
Transferts
38 min d’attente moyenne quand un appel est nécessaire
Durée du cycle
~320 camions/jour sur 5 bascules
Volume

La pesée est automatique et ne prend que quelques minutes. L’attente vient de ce que l’opérateur ne voit pas : la commande ouverte, le chantier de livraison et l’encours du client. 11 % des camions exigent un appel avant chargement, avec une attente moyenne de 38 minutes.

L’écart
La liste des commandes est imprimée à 6 h. Les commandes saisies plus tard, ou pour un nouveau chantier, sont invisibles à la bascule.
Les blocages d’encours posés dans Sage X3 n’arrivent jamais à la bascule. L’opérateur se fie à une liste qu’Émilie exporte chaque matin.
Sur l’échantillon de 6 mois, 41 chargements sont partis au-delà de la limite de crédit, l’opérateur ayant relâché le camion pour vider la file.
35 camions retenus × 38 minutes = environ 22 heures-camion d’attente par jour, payées en frais d’attente des transporteurs ou en rotations perdues pour les camions de l’entreprise.
L’adresse du chantier et le code produit sont saisis à la main sur le ticket. Ces erreurs de saisie expliquent la plupart des bons modifiés.
De la commande béton au coulageProcédure: 5 étapes → La réalité: 11 étapes, 4 transferts
La procédure
Prise de commande
Planification de la livraison
Fabrication du béton
Livraison
Facturation
5 étapes, parcours linéaire
La réalité
11
Étapes
4
Transferts
Modifications le jour même sur 43 % des commandes
Durée du cycle
~44 commandes, ~105 toupies/jour
Volume

Chaque commande de béton est saisie trois fois : dans Sage X3, sur le tableau de planning et sur le PC de centrale. Le jour observé, 19 commandes sur 44 ont changé après 6 h. Chaque modification passe par Julien, au téléphone ou sur WhatsApp, et la centrale ne connaît que ce qu’il saisit.

L’écart
19 commandes sur 44 modifiées le jour observé (43 %) : volume, heure de début ou réservation de pompe.
Les modifications arrivent par téléphone, email et WhatsApp. Aucune ne met à jour la commande Sage X3 : la facturation repart des bons de fabrication.
Les retours et restes de béton sont notés sur papier. Sur l’échantillon, environ 1,5 % du volume est revenu, sans lien établi avec les modifications tardives.
Les toupies des transporteurs n’ont pas de GPS relié. Julien les appelle pour savoir où elles sont.
Correction d’un bon de livraisonProcédure: 3 étapes → La réalité: 8 étapes, 3 transferts
La procédure
Erreur signalée
Bon corrigé
Facture émise
3 étapes, parcours linéaire
La réalité
8
Étapes
3
Transferts
3,4 jours entre l’erreur et la facture corrigée
Durée du cycle
~12 bons modifiés/jour
Volume

La plupart des corrections sont minimes : une adresse de chantier, un code produit, un chargement réparti sur deux commandes. Chacune exige pourtant la copie papier, une confirmation du site et une saisie manuelle dans Sage X3. La bascule garde l’original, et les deux systèmes divergent jusqu’à la fin du mois.

L’écart
240 bons modifiés retracés sur 6 mois : en moyenne 3,4 jours entre l’erreur signalée et la facture corrigée.
Environ 12 bons sont modifiés chaque jour. À environ 15 minutes chacun, cela fait 15 heures-personnes par semaine.
Hypothèse : 3 000 bons modifiés par an à environ 900 € chacun, soit près de 2,7 M€ de factures envoyées plus tard ou contestées. Décalage de trésorerie, pas de chiffre d’affaires perdu.
Personne n’enregistre la cause des corrections : les mêmes erreurs de saisie se répètent aux mêmes bascules.
De la panne du concasseur au redémarrageProcédure: 4 étapes → La réalité: 9 étapes, 3 transferts
La procédure
Panne déclarée dans la GMAO
Ordre de travail émis
Réparation
Ordre de travail clôturé
4 étapes, parcours linéaire
La réalité
9
Étapes
3
Transferts
4,5 h d’arrêt moyen sur un concasseur primaire
Durée du cycle
~6 arrêts imprévus/mois sur 4 carrières
Volume

Quand un concasseur primaire s’arrête, toute la carrière s’arrête. La réparation va vite quand le technicien connaît la machine. Le temps part dans la recherche de la dernière intervention et de la bonne pièce, car l’historique est dans des cahiers papier et la liste des pièces est tenue par l’équipe de Thierry.

L’écart
La GMAO contient les plans préventifs du four, mais la plupart des pannes de concasseurs y sont saisies plusieurs jours après, sans cause.
Les techniciens cherchent dans des cahiers papier la dernière réparation sur la même machine.
Le stock de pièces est suivi dans un fichier Excel, à part de la GMAO et de Sage X3. Deux fois sur l’échantillon, une pièce a été commandée en urgence alors qu’il y en avait une au magasin d’une autre carrière.
Sans causes codées, les pannes répétées sur un même convoyeur ou crible restent invisibles.
Rapport environnemental mensuel des carrièresProcédure: 4 étapes → La réalité: 10 étapes, 4 sources de données transferts
La procédure
Collecte des mesures
Rédaction du rapport mensuel
Relecture et signature
Archivage pour la déclaration annuelle
4 étapes, parcours linéaire
La réalité
10
Étapes
4 sources de données
Transferts
3 jours/mois
Durée du cycle
4 carrières, tous les mois
Volume

Claire consacre environ trois jours par mois à rassembler les chiffres des exports de bascule, des PDF du laboratoire et de l’entreprise de minage. Elle signe le rapport et revérifie chaque valeur à la main. L’extraction cumulée par rapport au tonnage maximal autorisé n’est visible qu’une fois par mois.

L’écart
24 heures par mois de collecte et de recopie : 24 × 12 ÷ 52 = 5,5 heures par semaine.
Fin août, la carrière 3 avait atteint 84 % de son tonnage annuel autorisé. Le chiffre n’est apparu que dans le rapport mensuel.
Les résultats du laboratoire arrivent en PDF et par email, dans un format différent pour chaque carrière.
Le rapport signé est rangé à part de ses sources : répondre à une question de l’inspection oblige à reconstituer la piste.
Constat clé : Les cinq exemples comptent respectivement 100 %, 120 %, 166,7 %, 125 % et 150 % d’étapes supplémentaires : (réel ÷ documenté − 1) × 100. Certaines étapes ajoutées sont des contrôles utiles, comme la vérification de l’encours. D’autres n’existent que parce que deux systèmes n’échangent pas de données.

Registre des urgences

BasculeCamions retenus : appels entre bascule, ADV et crédit ; 35 camions/jour × 8 min de temps d’équipe × 5 jours23,3 h
ADVBons modifiés ressaisis dans Sage X3 après rejet de l’import nocturne ; 12/jour × 15 min15 h
BétonModifications du jour ressaisies sur les PC de centrale et transmises aux chauffeurs ; 18/jour × 10 min15 h
AdministrationBons papier signés récupérés, numérisés et rapprochés des factures10,5 h
MaintenanceHistorique des réparations de concasseurs et emplacement des pièces reconstitués de mémoire et dans les cahiers6 h
EnvironnementRapport mensuel des carrières : 24 heures/mois ; 24 × 12 ÷ 52 = 5,5 h/semaine5,5 h
FinanceListe d’encours exportée chaque matin de Sage X3 vers Excel et envoyée aux cinq bascules5 h
BasculeFile de camions sur la route départementale à l’ouverture de 6 h de la cimenteriecontinu
80,3 heures-personnes/semaine pour 7 postes chiffrés ; 1 risque non chiffré80,3 h
Constat clé : Le temps d’attente des chauffeurs ne figure pas dans ce registre : les 22 heures-camion d’attente par jour sont un coût de flotte et de transport, valorisé à part dans le plan. Le poste environnement convertit des heures mensuelles en heures hebdomadaires. Les postes excluent les doublons ; tout ce temps ne peut pas nécessairement être libéré.

Registre des risques

Point unique de défaillanceCritique
Karim Benali, chef de bascule
Il sait quel transporteur charge pour quel client, quels chantiers prennent quel produit et quand appeler le crédit. Rien n’est écrit. Quand il est absent, les attentes à la bascule de la cimenterie s’allongent.
Point unique de défaillanceCritique
Julien Masson, planning béton
Le planning est son fichier Excel, et les chauffeurs reçoivent les modifications de lui par téléphone. Les coulages du petit matin dépendent de sa disponibilité.
Risque de créditÉlevé
Blocages d’encours invisibles à la bascule
Les blocages Sage X3 n’arrivent jamais à la bascule. Sur 6 mois, 41 chargements sont partis au-delà de la limite. La décision de débloquer doit rester à la responsable crédit, avec les faits sous les yeux avant le chargement.
Décalage de trésorerieÉlevé
Factures tardives et contestées
Hypothèse : environ 2,7 M€ de factures annuelles partent plus tard ou sont contestées à cause des bons modifiés. Décalage de trésorerie, pas de chiffre d’affaires perdu.
RéglementaireÉlevé
Extraction autorisée suivie une fois par mois
Fin août, la carrière 3 était à 84 % de son tonnage annuel autorisé, chiffre découvert en fin de mois. Dépasser l’arrêté préfectoral est un manquement, et c’est Claire qui signe.
SécuritéÉlevé
File du matin et chauffeurs à pied
À l’ouverture de 6 h, la file atteint la route départementale. Des chauffeurs traversent la cour à pied jusqu’au bureau de bascule pour régler leurs papiers. Moins d’arrêts administratifs, c’est moins de piétons au milieu des chargeuses.
Fiabilité des équipementsMoyen
Historique des concasseurs sur papier
Environ 6 arrêts imprévus de concasseurs par mois, de 4,5 heures en moyenne sur les primaires. Les causes ne sont pas codées, les pannes répétées restent donc cachées.
Intégrité des donnéesMoyen
Un chantier, plusieurs noms
Un même chantier apparaît sous des noms et adresses différents dans Sage X3, aux bascules et sur le planning. Chaque variante est une occasion de plus d’éditer un bon erroné.
Chapitre suivant
Plan de mise en œuvre

Session stratégique · 30 min

Le périmètre d’une mission réelle est défini pendant la Strategy Session. Elle peut commencer par un War Map ou un Feasibility Sprint bien délimité.

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